Aujourd'hui, je vais vous avouer quelque chose.
Quelque chose qu'en fait je tiens plus à m'avouer à moi même.
Je vais avoir 17 ans dans quelques mois et je ne sais toujours pas quoi faire de ma misérable petite vie.
Je supporte de moins en moins la question fatidique qui nous est posée chaque année avec toujours plus d'importance : "Qu'est ce que tu veux faire plus tard". Je suis toujours tentée de répondre simplement "survivre", mais je sais pertinament que ce n'est pas la réponse qu'ils attendent.
Ce qu'ils ne savent pas, eux, c'est qu'à 15 ans, même desfois plus tôt, ils nous demandent de faire le choix de toute une vie. Ce choix qui, s'il est pris à la légère pénalisera une bonne partie de cette existance si courte.
Alors ce que je vous répondrais la prochaine fois, monsieur le conseiller d'éducation, je vous l'ai préparé :
"Je ne sais pas ce que je veux monsieur, une chose est sûre, je sais ce que je ne veux pas. Je ne veux pas prendre trop rapidement la decision qui determinera la suite de ma vie. Je ne veux pas finir mes jours derrière un bureau, oui monsieur, même muni d'un ordinateur dernier cris et de nombreux stylos et bloc notes de marque. Je ne veux pas vivre cette "routine" métro, boulot, dodo. Je ne veux d'ailleurs plus jamais enttendre ce mot "routine" dans aucune de vos phrases. Je ne veux pas avoir à faire des choix mais je ne veux pas non plus que quelqun d'autre que moi les fasses et décide de mon avenir. Voilà ce que je ne veux pas monsieur, demerdez vous."
Pour être honnête, la plupart du temps je ne veux même pas essayer d'y penser.
Je reste à trainer la nuit (est-ce l'adolescence que de préferer sortir la nuit, je n'en sais rien) avec ceux et celles que j'ai du mal à imaginer loin. On s'asseoit, on parle, on rit, on fume, on boit. C'est dans cette seule "routine" que je me suis toujours imaginée. Le fait de penser qu'elle s'arretera peut être m'écoeure.
J'aime la ville dans laquelle je vit, bien qu'elle n'ait rien pour plaire. J'aime les bâtiments grisâtres du collège où j'ai passé 4 des plus belles années de ma vie. J'aime cette rue sale dans laquelle je suis passée maintes fois, cette fontaine dégeulasse, cette creperie trop chère, ce stade en ruine et ce terrain vague dont l'herbe quasi grise n'est jamais coupée. Je vais même jusqu'à aimer ces cinq marches que je monte ou descend chaque jours pour entrer ou sortir de cet immeuble aux couleurs délavées dans lequel je vit. Cette chambre dont le papier peint maltraité est recouvert de dessins, de mots, de photos et toutes autres conneries que j'y ai collé. J'aime me retrouver avec eux le soir et rire aux éclats en ne pensant à rien d'autre qu'à ce qu'on va bien pouvoir faire le soir suivant.
Je ne veux pas que ça s'arrête. Et pourtant cette année encore, je vois les autres avancer sans moi. Certains partiront à quelques kilomètres seulement mais c'est déjà trop. Là bas ils trouveront d'autres personnes avec qui parler, rire, boire, fumer et vous remplaceront ceux là. Puis le tour des autres viendra jusqu'à ce que ce soit le votre. Vous vous imaginiez à leurs cotés pour le restant de vote vie et ils ne feront finalement partie que du quart.
C'est pour cela que je vous l'avoue aujourd'hui.
Aux plus importants : Zub', Pau', Marin, Nib, Amélie, Maryne, Kévin et sa future-ex-mariée, Gaël, Sam' avec lequel j'espere faire un jour le tour du monde, comme aux moins importants (même s'il le sont tous) : Gabounet et les intelos de l'européene, la petite Loréna et son copain Max, le petit Armand et tous les gens de Montartruc, Vincent, Yann, les frères Momo et Antho, que je ne connais pas si bien, Cam' et ses potes Merieme Alexandre et Bérangère, Alex, Seb, Les Apple Wine, Origyn et tous ceux qui les soutiennent comme Robin, Théo, Léo etc.. les gars de puteaux et tous le reste des gens que je suis suceptible d'avoir croiser ne serait-ce qu'une soirée et que j'aime bien, je ne veux pas vous voir partir un par un.
Malheureusement, les meilleurs choses ont toujours une fin.
Oh Shit. I'm in Love with a Serial Fucker.
Europe - The Final Countdown